N° 20 - Conseils à tous ceux qui veulent acheter, créer, gérer un bar de plage, un restaurant, un B&B, des cabinas, un hôtel … au Costa Rica.

Plage, cocotier et hamac au Costa RicaPlusieurs fois par semaine, je reçois des courriels de personnes qui veulent tout plaquer en Europe, au Canada … pour venir vivre au Costa Rica. Jusque là tout va bien.

La moitié environ de ces personnes en âge de travailler a pour projet professionnel de vivre du tourisme. Tout va toujours bien car le Costa Rica, sur sa côte pacifique et dans une moindre mesure sa côte atlantique vit beaucoup du tourisme. Car ce petit pays tropical offre véritablement énormément d’atouts, le soleil, la plage, la nature, les animaux, les Ticos / Ticas, le coût de la vie en général, la douceur de vivre … Et il reste encore beaucoup à faire dans ce secteur.

Et puis le Costa Rica offre des centaines de kilomètres de plage toutes plus attirantes les unes que les autres. Je conçois tout à fait qu’en plein hiver, dans une ville morose, collé au radiateur, la simple vision sur son écran d'ordinateur d’un palmier ou d'un cocotier penché vers la plage déserte de sable blanc suffise à déclencher une irrésistible envie d’y installer un petit bar sympa où, le soir venu, tout le monde se réunira pour :

  • Réponse [1] : admirer le coucher de soleil.
  • Réponse [2] : déguster une piña colada ou un « sexo en la playa », version latina de « sex on the beach ».
  • Réponse [3] : écouter de la musique locale autour d’un feu de bois.
  • Réponse [4] : griller des langoustes fraîchement pêchées dans le lagon.
  • Réponse [5] : réponses [1] + [2] + [3] + [4].

Cocktail sur la plage au Costa RicaOn s’y voit déjà, hein ? Moi-même, dans mon bureau, collé à la climatisation, j’en salive d'avance, c’est dire !
Alors ok, nous sommes tous d’accord, on vend tout et on s’envole pour le Costa Rica. On n’a rien à vendre … génial, on peut partir plus vite ! Au fait, où va-t-on ? Et c’est là que les choses commencent à se gâter …

Certains par exemple m’expliquent en long et en large leur projet, passionnant souvent et pour finir me confient : oui mais voilà, vous comprenez, on n’est pas des touristes, le tourisme de masse c’est pas pour nous, on veut vivre comme les Ticos … bla bla bla … bla bla bla …
Aïe aïe aïe … ça commence mal … car par définition on peut vivre du tourisme là où il y a des touristes justement ! Car autrement, vivre du tourisme sans les touristes, même en cherchant bien, vraiment je ne vois pas.

Quant à vivre comme des Ticos dans la nature du Costa Rica, il est préférable de d’abord passer son CAP Koh-Lanta. Et de toute façon, tant que vous ne parlez pas espagnol avec, en plus, l'accent local, vous ÊTES et vous RESTEZ aux yeux des locaux, un touriste. Et si par malheur vous vous êtes, avant de partir, habillés des pieds à la tête chez Décathlon, vous êtes un GRINGO. La « banane » en bandoulière, là, illico vous montez en grade, c'est tarif SUPER-GRINGO ! Au Costa Rica la banane ça se porte dans le bananier, pas sur la bedaine. J'en vois d'ici qui pensent « Aïe, on n'aurait pas dû faire les soldes chez Décathlon, mauvaise pioche ! ». Pas grave, revendez le tout à votre beau-frère qui part en Thaïlande.

Grillades de langoustes sur la plage, Costa RicaD’autres doux rêveurs imaginent qu’en vendant leur Renault Fuego de 1982 et tout l’attirail qu’ils ont accumulé depuis leur 1er job d’étudiant, ils auront assez pour se monter un « petit bar de plage au Costa Rica ». Je m’en veux horriblement de briser leur rêve mais à part poser 2 tréteaux plus une planche sur une plage forcément déserte et d’acheter LA méga-giga-glacière de compétition qui tiendra le froid jusqu’à la nuit, là non plus, je ne vois pas. Un avantage quand même, les plus petits pourront toujours dormir dans la glacière, ça économisera l’hôtel.

Alors, QUID de mon petit BAR de PLAGE au Costa Rica, pas possible alors ???

Bien sûr que si mais en ayant à l’esprit ce qui suit :

  • A moins d’avoir LE concept original, unique, révolutionnaire qui attirera tous les riches de cette planète et surtout les moyens financiers de bâtir et faire vivre dans le temps votre 8ème merveille du monde, surtout ne soyez pas original et fuyez le désert.
  • Sachez qu’au Costa Rica demain c’est dans 10 ans ou peut-être jamais (Cf. l’aéroport international du sud …).
  • Ayez les moyens de vos ambitions. Les affaires à port potentiel commercial sont obligatoirement chères. Ce qui ne signifie pas pour autant que ce qui est cher a du potentiel. Demandez l'avis des professionnels du secteur.
  • Votre expérience antérieure de la restauration (c’est beaucoup moins vrai pour l’hôtellerie) comptera pour au moins 50 % dans votre réussite ou votre échec, c’est selon.
  • La quasi totalité des terrains en front de mer sont des concessions maritimes. Il y a quelques terrains (avec ou sans construction) titrés mais le plus souvent ils ne sont pas à vendre. Car les propriétaires les louent ou bien les exploitent eux-mêmes et en tirent de bons revenus. On en trouve néanmoins parfois à la vente mais, du fait de leur rareté, ils ne sont pas donnés.
  • Au Costa, la notion de "fond de commerce", avec un bail de type 3/6/9 n'existe pas. Il s'agit plus à proprement parler de simple "droit au bail", “derecho de llave”, en espagnol. Un bail est généralement établi pour 3 ans. Il peut être renouvelé en cas de reprise ou bien continué jusqu'à échéance. La notion de reprise d'affaire commerciale est encore jeune au Costa Rica et il y a donc toujours un risque à reprendre une affaire. Dans le cas où par exemple le propriétaire des murs voudrait récupérer son bien à l'échéance des 3 ans. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faut rien entreprendre, au contraire, puisque l'expérience montre que dans la quasi totalité des cas les baux sont reconduits dans de bonnes conditions.

Des exemples typiques de budget à prévoir :

  • Création, bar de plage, dans le désert, 2 bidons usagés, 1 planche, 1 glacière, des pains de glace : 300 $. CA annuel prévisionnel : 300 $.
  • Rachat « droit au bail » dans station balnéaire, petit local commercial, pizzeria, glacier, vêtements, souvenirs, articles de plage …, emplacement N° 1 : de 50 à 100 K$ selon stock.
  • Rachat « droit au bail » dans station balnéaire, bar/ restaurant de plage, CA à développer : 150 à 200 K$.
  • Rachat « droit au bail » dans station balnéaire, bar/ restaurant de plage, CA annuel confirmé d’environ 1 M$: 500 K$.
  • Reprise affaire de « cabinas », 5 à 10 unités bien placées, à partir de 500 K$.
  • Achat murs d’hôtel : ticket d’entrée à 1 M$ minimum, à développer, avec travaux le plus souvent.
  • Achat murs d’hôtel : CA prouvé, pas de travaux, bon emplacement : à partir de 2 M$.




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