Mon Costa Rica à moi ... Vivre au Costa Rica ... BLOG Costa Rica ...

Grenouille transat BLOGPersonnellement cela ne m’intéresse pas du tout de vous parler du Costa Rica.
Comme s'il n'y avait qu'un seul Costa Rica ...

Surtout, d'autres que moi font cela bien mieux.
Voyez par exemple Wikipedia, le bon vieux Routard, le Petit Futé et autres Lonely Planet.

Ce dont j’ai envie, c'est plutôt de vous parler de MON COSTA RICA à MOI.
Celui que moi-même et ma famille vivons au jour le jour, a lo largo de la manera (chemin faisant), con el tiempo (au fil du temps).
Pays parfois merveilleux, souvent quand on y pense, d'autres fois horripilant, un peu comme la vie en général. En un peu mieux ...
Je vais essayer de vous le présenter, sans prétention, façon BLOG.

Pas de stress, on écrira au fils du temps, quand nous aurons le temps ... Pura Vida ...

@ bientôt,



L'Humeur du jour
Désolé pour le RETARD
à répondre aux mèls
débordé...
... d'émotions
N° 65 - 24/03/2015 - Mais pourquoi donc parles-tu de toi, de ta misérable vie, dans ton BLOG ?

Blog Costa Rica - 1« Pour l'essentiel, l'homme est ce qu'il cache : un misérable petit tas de secrets … » disait un personnage de Malraux à propos de l’Homme. Ouais, on peut voir cela comme ça, surtout quand il s’agit des autres. Quand il s’agit de sa propre vie en revanche, le plus souvent on ne la voit pas comme « misérable », même si misérable, on l’est forcément toujours un peu quelque part.
On peut alors se demander ce qui pousse quelqu’un à étaler sa vie personnelle et forcément misérable quasiment par définition sur un BLOG, sur la Toile accessible à tous. Jusqu’à récemment encore, je me le demandais également. Jusqu’à ce que, peu à peu, je m’y mette moi aussi. J’y vois déjà quelques avantages :

- Personnellement cela permet d’informer les personnes de l’entourage, du moins celles qui s’intéressent à vous, des divers évènements qui surviennent dans votre vie, les heureux comme les moins bons. En fait, c’est plus délicat qu’il n’y paraît de prime abord. Vous informez seulement, vous ne forcez personne à réagir. Imaginez par exemple que votre femme ou votre mari vous laisse inopinément tomber comme la vieille chaussette que vous vous êtes patiemment efforcé de devenir au fil du temps. En informant vos proches avec un mèl du type :

- Thérèse m’a quitté … Bouh que je suis malheureux sans ma Thérèse … que vais-je devenir sans elle … en plus elle est partie avec le chien et elle m’a laissé les gossesBouh …

 et tutti quanti … quelque part vous les forcez à réagir, à compatir à votre libération malheur. Même s’ils pensent très fort …

- Ben c’est pas trop tôt, on a jamais pu la piffer la Therèse (ou le Raymond), il était plus que temps qu’elle se casse la grognasse, on aura plus jamais à se farcir sa tronche de cake aux repas de famille … pourvu qu’elle ne revienne pas … quelle bonne nouvelle, la meilleure de l’année !

… ils ne pourront d’évidence que se fader d’un mèl de consolation, hypocrite au possible - politiquement correct cependant, c'est l'époque qui veut ça - et vous le lirez de la même façon, hypocritement. Au final ce n’est sans doute bon pour personne, toute cette hypocrisie larvée, même si c'est très tendance.

Tandis que pour vos proches lire la nouvelle, bonne ou mauvaise, sur votre blog c’est plus souple quelque part. Ils peuvent réagir ou bien ne pas réagir, prendre leur temps pour digérer la chose. S’ils ne réagissent pas tout de suite, ils ne sentiront pas coupables, c’est qu’ils n’ont pas encore lu, n’est ce pas ? Ou bien alors qu’ils auront mal lu ou alors mal compris, assurément … il faudra relire encore et encore pour bien comprendre. Plus de nuances dans la réaction donc, du blanc au noir avec toutes les nuances de gris qu’on voudra bien y mettre.
Blog Costa Rica - 2L’erreur du blogueur finalement serait de dire à tout le monde, du style j’envoie un mèl à tout mon carnet d’adresse :

- Hey vous tous, m’a femme (ou mon mari) s’est barrée, z’avez pas lu mon blog ???

Pas bon ça, pas bon du tout !

- Professionnellement vous vous attirez des sympathies fortes tout comme des antipathies tout aussi fortes.

Certaines sympathies sont profondes car des lecteurs et futurs clients se reconnaissent dans ce que vous écrivez. En plus cela paraît vrai et c’est bien normal car, en ce qui me concerne en tous les cas, c’est 100 % véridique. Vous apparaissez donc à leurs yeux comme un humain avec toutes ses qualités et ses défauts, quelqu’un comme eux donc et non comme un robot dressé à vendre des trucs et des machins. Cela crée des liens et tout à coup vous voyez débarquer un « client » qui vous suit sur le Net depuis des années. Il connaît tout de vous, ou presque. Il en sait même souvent plus que vous sur certains aspects de vous-même. Je ne compte plus les fois où un client de passage a rafraîchit ma mémoire à propos de ce que j’avais pu écrire ou vivre par le passé. Drôle de sensation !

Les antipathies sont également très utiles car, le plus souvent mais pas toujours cependant, elles garderont éloignés de vous les funestes, les inopportuns, les pisse-chagrin, les fâcheux, ceux qui n’ont pas d’humour, ceux qui croient en avoir et en sont d'évidence dépourvus (les pires !) et même, si on a de la chance, les Témoins de Jéhovah. Il ne faut donc surtout pas craindre de déplaire, bien au contraire ! N’en faites pas un vice non plus.

Et puis, après tout, pourquoi un agent immobilier (de profession) ne devrait-il parler que d’immobilier ??? Imaginez un pharmacien qui ne parle que de médicaments, un dentiste qui ne parle que de dents, pire un proctologue qui ne parle que de … sa pratique professionnelle. Ce serait d’un chiant, on s’ennuierait très rapidement.

En illustration, en attendant le « vrai blog», quelques récentes réactions de lecteurs & lectrices :

Blog Costa Rica - 3

- Je n'ai pu lire ton blog que ce matin... et il m'a fort ému ... d'autant que ça me fait revivre ces souffrances ... ... !! Il m'a fort touché, pour plusieurs raisons : ton blog est non seulement vraiment super bien fait, mais en plus, tu racontes ton aventure costaricienne comme j’aime, simple, bien observé, dans le détail, tu écris vraiment bien… passionnant... très touchant… ton blog me semble une super bonne idée … réalisée avec talent … ça m’a scié… admiratif… j’aimerais pouvoir en faire autant… et en avoir la discipline… Vraiment, BRAVO ! (BdW).

Un grand merci pour vote site web, je vous ai lu avec passion et complicité. J'aime votre franchise, votre humour, votre analyse critique, vos références littéraires et votre esprit libre. Je pense à vous tous les jours. Je me suis connectée au feeling quelques heures après votre "post" et je venais de commander une carte routière pour le Costa Rica à une librairie du voyage à Renne pour laquelle je viens d'écrire "Je vous ai choisi parce que j'aime les bretons. Ceux sont les seuls qui ont encore de la culture, un pays, une langue, du caractère et qui tiennent le cap." C'est con mais je l'ai fait pour vous.
J'ai oublié de dire "ceux qui ont encore des sentiments ", ce qui me séduit chez vous. Aujourd'hui on vous demande d'avoir de la pudeur et des faux semblants.
Je suis effondrée par ce qu'il vous arrive. Je me suis dit "on ne voit pas", on ne peut pas voir tellement on est engagé.
Il n'y a pas de mot pour vous soulager. Il n'y a pas de possibilité de récupérer la dérive avec les humains même si on est le meilleur nageur. "Estamos bien en la lucha ". Je vous aime beaucoup, on ne se connaît pas, mais il y a une personne dans ce tunnel noir qui pense à vous et qui vous comprend. Je ne sais pas comment vous soutenir à part dans votre loyauté, votre respect du silence, des animaux et de la nature en ce moment. Ceux sont les roussettes, dans la nuit noire avec leur vol lourd, autour de la maison, qui m'ont sauvée. C'est exactement ce que vous décrivez, le silence de la vie.
Je ne sais pas quoi vous dire, vous écouter est la seule chose la plus humaine.Tendrement.
 (BH).

- On est fan de votre humour caustique et de votre ton parfois à la limite du blasé en ce qui concerne les « nouveaux arrivants ». (A&T).

- J'ai parcouru rapidement votre blog au boulot (mon épouse s'était empressée de me faire suivre votre réponse sur mon mail pro) et franchement au fur et à mesure des phrases on a l'impression de vivre l'aventure avec vous. Bravo et merci de faire partager vos aventures costaricaines… (ND).

Bon, merci à vous tous, ça fait sacrément plaisir - à l’égo ou à l’âme ? - alors, envers et contre tout, nous continuons …


N° 64 - 22/03/2015 - 23 mars 2015 - Histoire de 25 ans - Bon anniversaire Kévin !

L'écureuil, photo 1Aujourd’hui, en écrivant à l’avance pour cause de décalage horaire, un mèl de circonstance pour les 25 ans de mon fils aîné, je me suis aperçu avec la plus grande stupéfaction que ma nouvelle future fiancée avait le même âge que lui. Alors, VDM ou pas ?

VDM je ne sais pas encore mais ce que je sais par contre c’est que je n’ai pas osé lui en parler à ma fiancée, de ce grand fils. Je lui ai bien avoué les 2 autres, des petits ceux-là, si petits ça compte à peine, mignons tout plein, une vraie PUB pour le papa (moi !) ça peut toujours servir. Sur ce coup-là on va oublier la maman, hein, c’est mieux. Bien obligé d’en parler de toute façon car pour ces deux-là, elle le savait déjà plus ou moins, ma nouvelle fiancée. Le grand aussi il est très mignon aussi hein, mais barbu quand même donc du coup ça le fait moins déjà. Mais celui-là, le grand barbu, pour l’instant, j’ai préféré l’omettre. Bon, à ma décharge, il n’est pas à charge, depuis longtemps et à un Océan Atlantique et quelques vagues de distance, il ne risque pas beaucoup de gêner. Mais quand même ! Et puis surtout 3 rejetons légaux, ça commence à faire un lourd passif quand La Vie (VDM) te remet sans trop prévenir sur le marché de la séduction. J’y avais pas trop pensé, avant, à dire vrai. En même temps, si on a à peu près réussi à les élever jusqu’à là et en bon état de surcroît, les mômes, c’est qu’on ne peut pas être tout à fait mauvais. Le cas échéant, si je suis un jour jeté sur le banc des accusés pour homicide omission, il faudra que je songe à plaider cela.
Et puis surtout, soyons un peu honnête pour une fois, ça pose cruellement la question de mon âge. A moins qu’elle n’ait fouillé dans mes papiers - pas son style assurément mais avec les femmes (toutes !!!) on ne peut jamais jurer de rien - elle ne sait pas non plus mon âge même si quelque part, elle doit bien se douter que je n’ai plus tout à fait 30 ans. Elle me l’a demandé mon âge pourtant, 2 fois déjà, au moins. La première fois j’ai juste souri en la regardant, la seconde, bien obligé, j’ai répondu « un peu plus que toi ».

Waouh25 ans, ça fout le vertige, bon d’ici un mois à peine elle en aura 26, c’est donc quasiment 1an de plus que mon fils aîné. C’est rassurant quelque part, vous je sais pas mais moi ça me rassure bien … en même temps on se rassure comme on peut. Et puis 26 ans, si on double, je suis encore un poil en dessous, génial ! 26 c’est vachement mieux que 25 car si on double 25, aïe aïe aïe, je suis un poil au dessus. Ce qui me fait dire que finalement, tous calculs faits et toutes choses égales par ailleurs, je vais vieillir moins vite qu’elle, c’est déjà ça. Avec le temps, elle risque même de me rattraper car quand on doublera son âge, le résultat au fil du temps qui passe sera de plus en plus au dessus du mien, pas de bol ! Du moins si elle ne me laisse pas tomber en route, ça n’est pas non plus gagné même si j’y travaille d’arrache-cœur. Là-dessus vous pouvez me faire confiance, je ne lâche jamais le « morceau ». Et quel morceau !

L'écureuil, photo 2Sans compter par ailleurs que ça fait un bail que je ne l’ai vu, mon fils aîné. Hey Kévin, t’es là ??? Si ça se trouve, je suis peut-être grand-père car aux dernières nouvelles il avait une fiancée lui aussi. J’espère au moins qu’elle est plus jeune que la mienne, la sienne … Euh là on stoppe tout de suite le délire car s’il faut que j’avoue d’un coup d’un seul à ma future « novia » que, dans un instant d’égarement, un trou de mémoire inopiné, une amnésie partielle, une maladie orpheline dont je suis le seul détenteur mondial - champion du monde donc - j’ai omis à l’insu de mon plein gré de déclarer mon fils de 25 ans qui lui-même a omis de me déclarer à moi, son père, que j’étais grand-père, alors là on s’en sort encore moins, on s’en sort plus du tout, au secours !!!

E., mon écureuil, quand j’aurai encore un moment d’égarement, faut vraiment que j’te parle !

Tiens, j’étais sensé parler du Costa Rica dans ce blog … remarque j’y suis à 200 % au Costa et si tout cela arrive, c’est bien parce que j’y suis. Car je le dis souvent, il se passe toujours des trucs au Costa Rica. Pas comme ailleurs où il ne se passe plus rien ou bien alors des trucs qu’on préfèrerait qu’il ne se passe pas. Ici on prend cela comme ça vient et on s’étonne d’avoir pensé avant que cela n’était pas possible, que ça ne pouvait pas arriver. Et bien si, ça arrive, la preuve !

E., Chica, je ne sais pas où on va et là, tout de suite, je ne veux surtout pas le savoir. J’y vais c’est tout mais tu m’inspires bordel, à longueur des nuits sans toi j’ai noirci mon PC de toutes nos aventures et si ça continue ainsi, je vais devoir changer de métier.
« Eres mi amigo mi cómplice mi ángel » m’as-tu texté aujourd’hui … Ouais, t’as raison, c’est vrai et dans l’instant je ne veux pas être plus que cela mais pas moins non plus.
Autrement dit, ça mange 100 % de mon temps et même un peu plus. Aussi pardonnez mes absences volontaires car c’est pour la bonne cause, vraiment !


N° 63 - 15/03/2015 - Adiós Sandina, le combat est terminé, la lucha ha terminado.

Je ne sais pas si tu vas apprécier si d’aventure tu lis ma prose, de là-bas, de ta lointaine province de Russie. Depuis longtemps déjà, du moins je le crois, tu ne la lisais plus, indifférente … Ou bien alors tu la lisais en douce et tu ne m'en disais rien. De toute façon, les derniers temps du moins, tu ne me disais plus rien ... Et puis surtout tu aimes la discrétion, moi aussi en quelque sorte, même si cela ne paraît pas toujours. Cela paraît de moins en moins d’ailleurs et même si quelque part je serai toujours en retrait, cela n’empêche pas les évènements de se succéder ni les sentiments d’affluer. Ils affluent d’ailleurs, de toutes parts, de tous temps - passé, présent, futur - depuis que tu es partie mais avant de les exp(l)oser, peut-être, sur la Toile ou ailleurs, je veux te dire ce qui suit.

Le premier soulagement de la séparation passé, je n’imaginais pas qu’un tel VIDE puisse s’emparer de moi, de mon âme, mais si ! Il a bien fallu faire avec, combler ce putain de vide de questions sans réponses, pourquoi, pourquoi … mais pourquoi ? Les jours, les semaines et les mois passant, toujours pas de réponses mais faut-il vraiment en chercher ? Et puis parfois la colère, le doute, l’incompréhension, la lassitude, l’espoir même, vite récusé toutefois car toi comme moi nous savons qu’il est vain, à présent, d’espérer quoi que ce soit.
Et puis, au bout d’un certain temps d’errance, puisque d’évidence on n’est pas mort, se pose alors la question de l’après. Mais objectivement, le camp est en ruine, la guerre civile est la pire des guerres, on s’est soi-même tué. Il va falloir ressusciter.

Alors, en attendant de renaître véritablement à La Vie et quoi qu'il arrive par la suite, je tiens simplement à te dire :

  • Merci pour toutes ces années quand tu étais à mes côtés et même pour après.
  • Merci aussi, pour les 2 beaux enfants que tu m’as donnés.
  • Merci pour les innombrables leçons de vie que tu m’as prodiguées et dont je n’ai retenu qu’une partie. Partie suffisante pour que je sois aujourd’hui en vie.
  • Merci encore pour ton courage actuel qui est pour moi, à distance, un véritable exemple car même si tu ne dis rien, surtout si tu ne dis rien, je sais combien tout cela est difficile. Tu n’es pas russe pour rien, je l’ai découvert trop tard.

Sur cette photo prise il y a un an à l'entrée d'une finca du côté de Bijagua/Costa Rica, avec mon vieux chapeau tout cabossé et ta tenue de « petit reporter », tu me fais penser à Sandino, révolutionnaire nicaraguayen. Souviens-toi, nous apercevions de loin sa statue lorsque nous approchions en voiture de Managua. Il est souvent représenté avec un fusil il me semble. Tu n’as pas d’arme bien sûr mais ton regard, parfois, trop souvent, fut pour moi bien pire que les 2 canons juxtaposés d’un fusil. Si tes yeux avaient été chargés comme le fusil de Sandino, je serais mort plusieurs fois Sandina et je ne pourrais pas te rendre hommage, dommage ! Je te trouve aussi diablement jolie, d’évidence je ne te l’ai pas assez dit, alors je te l’écris là, maintenant.

Voilà, je pourrais raconter à l’infini ce qui nous a uni pour un temps, je le ferai peut-être un jour mais ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je veux simplement te dire Merci d’exister Natacha, du fond de mon cœur ! Garde-toi bien !!!

Natacha, Sandina, Costa Rica Mars 2014

Natacha, Sandina, Costa Rica Mars 2014


N° 62 - 12/03/2015 - Allons donc pêcher le gros bazar au Nicaragua.

Bon, voilà, parfois la vie se met en marche, ça ne prévient pas et il faut sauter dans le train (voir mon commentaire du Post N° 38 de Actualités) parce qu’il va toujours dans le même sens. C’est rare qu’il s’arrête en pleine voie et fasse marche arrière pour ramasser un laissé en rade sur le quai. Toi comme moi !

Ceci étant dit, ce week-end, comme on ne savait pas trop quoi faire avec mes potes, aussi sec nous avons pris le bateau pour le Nicaragua histoire d’aller taquiner le « pescado » sur le Rio San Juan. Ne me demandez pas le nom du bazar, je suis aussi nul en poissonnerie qu’en botannerie. Le BAR ça encore je connais parce qu’on a ça chez nous en Bretagne, du bar. Des bars aussi, même que forcément, un jour ou l’autre, ça laisse des traces.
Jusqu’au dernier moment, nous avons douté chopper au vol un bateau pour traverser la frontière maritime mais nous avons finalement débarqué au Nicaragua en fin d’après-midi. Fort bien accueillis d’ailleurs par l’aubergiste, nous avons soupé comme des rois, seuls au monde, sur le deck du lodge.

Le lendemain matin, debout à 5 heures, douche froide pour se remettre de la veille (pour gagner 10 minutes, cherche donc pas l’eau chaude car y_en_a_pas), le temps de discuter avec les autorités et nous obtenions les permis de pêche réglementaires, au Nicaragua on ne rigole pas avec ça. Au Nicaragua on rigole vraiment de tout ... sauf de l’autorité. Avec l’autorité on s’arrange et après seulement on rigole.

Très vite, tandis que le bateau filait sur le Rio San Juan, j’ai réalisé que même en pays tropical il est conseillé de se munir d’une petite laine pour fendre la bise de l’aube. Je me suis protégé du froid mordant comme j’ai pu avec des gilets de sauvetage usagés qui manifestement auraient eu peine à sauver de la noyade un végétarien en phase aigüe de jeûne. Après une demi-heure à fond les ballons, nous sommes arrivés sur la zone de pêche.

Comme le « pescado » ne se décidait toujours pas à mordre après 1H30 d’allées et venues, Thierry a unilatéralement décidé qu’on allait ouvrir des bières pour le faire venir. 08H00 du mat c’est généralement un peu tôt pour l’apéro mais il faut parfois savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur, ainsi l’on pense en Finistère. D’après lui, c’est un truc qui marche à tous les coups. Sans déconner, la première bière n’avait pas encore fini de faire « PSCHITT » tandis qu'on l'ouvrait que le premier bazar mordait à l’hameçon. Ce premier bazar donc fut pour Éric qui se trouvait au plus près de la bonne canne, le second pour Thierry et j’eu, quant à moi, l’honneur du troisième, le plus gros il va sans dire. La photo est là pour le prouver même si on ne voit qu’un bout du bazar que je sortais magistralement de l’eau quelques minutes après. C’est comme un iceberg en fait, le plus gros est sous la mer. Enfin, sous l’eau, la mer est quand même un peu plus loin, à près de 200 km. Et puis dans le coin y_a_pas trop d'icebergs. M'enfin, c'est juste une image, pour que vous réalisiez mieux la taille du bazar.

Chacun ayant eu son compte de « pescado », trop forts, nous décidâmes d’un commun accord de ne pas davantage vider le Rio, d’en laisser aimablement pour les autres et nous nous concentrâmes plutôt à vider les glacières qui n’attendaient que ça. Jusqu’ici, je croyais un peu naïvement certes, que les kilos de glace que chargent les bateaux de pêche avant de quitter le port étaient destinés à conserver le poisson. Quelle funeste erreur de ma part ! Une croyance de plus qui vient de disparaître car dans la réalité vraie du terrain vécu, c’est juste pour la SOIF. Car objectivement, rien ne dit à l’avance que nous attraperons du poisson. Par contre, sauf miracle, nous sommes à peu près sûrs d’avoir grand soif à un moment ou bien l’autre. Après force bières, vin (rouge ou blanc, j’ai oublié) et un truc local vraiment costaud à base de coco et de rhum, vers midi, après avoir maintes fois failli tomber du bateau à cause de besoins pressants à satisfaire, nous rentrâmes au lodge très satisfaits de nous-mêmes, de la pêche et d'avoir réussi à vider les glacières.

Une fois au lodge, une acorte nica nous servit très rapidement les gros bazars pêchés magiquement transformés en carpaccio et en filets grillés. Pur délice !!!
En fin d’après-midi, soit 24 heures après avoir débarqué, nous embarquions pour le Costa Rica.

Retour casa, Pura Vida !

PS : si un lecteur touché par la grâce de nos petites aventures en Amérique Centrale souhaite acheter en pleine propriété un centre de pêche extraordinaire et unique au Nicaragua, qu’il me contacte.
 

Stéphane - Pêche au Rio San Juan du Nicaragua - Mars 2015


N° 61 - 23/02/2015 - Estamos en la Lucha.

La finca est désormais silencieuse. Plus de cris d’enfants, de rires, de disputes, des pleurs aussi parfois et des cavalcades effrénées vers la maison. Pour manger, se soigner, changer des vêtements mouillés ou même souvent déchirés.
Bien sûr aujourd'hui il y a encore les chiens qui sans cesse se rappellent à mon souvenir, les quelques coq chantants et les dizaines de poules qui constamment envahissent le patio et qu’il faut chasser, les toucans qui viennent se partager tour à tour le régime de bananes qu’on accroche à leur libre disposition, le cri des perroquets verts, le hurlement des singes, le manège incessant des oropendolas, le hibou tout proche dans le bosquet tropical qui me parle toute la nuit alors qu’avant je ne l’entendais pas. Et même les colibris qui, l’air de rien, font leur part. Les serpents aussi qui passent sous la maison, je les entends maintenant.

Et là-bas sous le rancho, la radio tourne quasi 24/24 pour faire un peu de bruit, un peu de vie. Radio Romantica, je crois, des chansons - pura latinas - d’amour au kilomètre qui me viennent tout droit du Nicaragua, là, tout près, à porté de vue, à portée de voix presque, à portée de vie en tous les cas. Du matin à la nuit et souvent de la nuit au matin je m’en emplis le cœur et même cela ce n’est pas encore suffisant, il reste de la place, tant de place, en fait tout dedans c’est le grand vide intersidéral. Le vide n’est pas vide paraît-il - habituellement je le crois volontiers - mais là, aujourd'hui, je peux assurer sans me tromper que ce vide-là est bien vide. Et froid aussi.

La finca, pourtant, est pleine de vie, la plupart insoupçonnée, ça explose de partout, tout  le temps et moi aussi je suis en vie. Enfin je crois …
Car pour moi, sans vous, les enfants, la finca est silencieuse, trop silencieuse et mon cœur saigne abondament de tout ce silence.

Anna et Ivan - Russie - Février 2015

Anna - Dessin chien - Russie - Février 2015


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