Mon Costa Rica à moi ... Vivre au Costa Rica ... BLOG Costa Rica ...

Grenouille transat BLOGPersonnellement cela ne m’intéresse pas du tout de vous parler du Costa Rica.
Comme s'il n'y avait qu'un seul Costa Rica ...

Surtout, d'autres que moi font cela bien mieux.
Voyez par exemple Wikipedia, le bon vieux Routard, le Petit Futé et autres Lonely Planet.

Ce dont j’ai envie, c'est plutôt de vous parler de MON COSTA RICA à MOI.
Celui que moi-même et ma famille vivons au jour le jour, a lo largo de la manera (chemin faisant), con el tiempo (au fil du temps).
Pays parfois merveilleux, souvent quand on y pense, d'autres fois horripilant, un peu comme la vie en général. En un peu mieux ...
Je vais essayer de vous le présenter, sans prétention, façon BLOG.

Pas de stress, on écrira au fils du temps, quand nous aurons le temps ... Pura Vida ...

@ bientôt,


L'Actualité du jour

Plus de retard …
… de retour au travail !
Débordé …
… d’énergie !!!

N° 71 - 23/07/2015 - Faire des trous partout.

Gerardo a reçu une jolie pelleteuse jaune pour son Noël et dès qu'il échappe à notre surveillance, on le retrouve dans la vase à faire des trous partout !

Costa Rica - Gerardo à la pelleteuse


On avait d'abord imaginé n'avoir qu'une seule lagune sur laquelle on aurait pu faire du bateau comme dans la Rade de Brest mais finalement, pour le même prix on en a eu 2. On avait même pensé y mettre le catamaran mais du coup, ça ne va plus être trop possible. Il tiendra largement dedans certes mais pour virer de bord, ça va être compliqué, même pour les bons marins bretons que nous sommes.

Costa Rica - Remise en état de lagunes


Ben non, finalement on va en avoir 4 des lagunes pour le prix de 2. Car en creusant on trouve forcément des trucs et il faut s'adapter à la réalité du terrain comme on dit. El Arquiloco nous avait pourtant bien prévenus : "les gars, n'oubliez pas, c'est un écolodge, on ne bouge pas un cm³ de terre, pas de mouvement de terrain !". Bon, pour le coup c'est un peu raté mais, vraiment, je le jure, on a été obligé.
Car ne garder qu'une seule lagune nous aurait contraint à creuser une extrémité de l'étang à 10 mètres de profondeur environ (le dénivelé) et forcément El Arquiloco n'aurait pas été content car alors on aurait mis de la terre partout. Sans compter que la pression de l'eau aurait été démentielle sur la digue et qu'on aurait assurément risqué à chaque instant la rupture de barrage, la grosse tuile ! Or pas question de prendre le risque de perdre bêtement nos futurs hôtes ! Une digue qui explose et on les retrouve là-bas, tout en bas, au fond, dans le Lac Nicaragua. Sans compter les poissons irrémédiablement perdus !!

A l'extrémité de la lagune N° 4, se trouve la source qui alimente notre future aire de jeu. Les sources en réalité car aujourd'hui un petit coup de pelleteuse malencontreux (pas fait exprès, je le jure !) a permis d'en découvrir d'autres. D'habitude c'est moi, Don Estéban, qui fait des découvertes (une cascade, des tombes, de l'or ...) mais cette fois-ci c'est Éric, celui qui n'a pas encore de surnom ... mais ça va venir ... question de temps.
Car aujourd'hui Éric, qui sans doute n'avait rien de mieux à faire de son temps, s'est amusé à ôter la peau d'un serpent. Un beau tiercopelo de 1.70 mètre que mon péon a tué ce matin dans la bananeraie, à la finca. Nous ne tuons jamais aucun animal sauvage à part les tiercopelos qui sont légion autour de ma modeste demeure. Il faut dire que nous sommes entourés par 3 côtés de forêt tropicale. En 10 jours seulement, nous sommes tombés sur 4 "fers de lance", autre nom de ce serpent qui est considéré - à juste titre - comme l'un des plus dangereux au monde.

J'en reviens à la découverte d'Éric, l'une des sources coulerait "bleu". Aurait-on découvert un nouveau Rio Celeste comme il y en a déjà un pas loin ? J'espère ... mais le bougre étant un tantinet daltonien, je crains qu'en réalité l'eau ne soit rose ou jaune, va savoir ... réponse très prochainement ...
Quand El Boss va lire ça demain matin, sûr et certain qu'il va nous appeler de Francia à l'aube !

Allez, à bientôt, on a encore pas mal de trésors à découvrir ... Pura Vida !
 

Costa Rica - 4 lagunes


N° 70 - 29/06/2015 - Comme on ne savait pas quoi faire ... on s'est dit qu'on allait démolir la maison. Et on l'a fait !

Avant :

Costa Rica - Vieille maison bois en ruine - 1

Costa Rica - Vieille maison bois en ruine - 2


Après :

Costa Rica - Vieille maison bois en ruine - Démolition 1

Costa Rica - Vieille maison bois en ruine - Démolition 2

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on y a pas été de main morte ! Ne subsiste qu'une bodega pour le gardien et une seconde pour stocker le matériel

1er chapitre d’une histoire qui devrait en compter pas mal d’autres dans les années qui viennent. En gros c’est la chronique ordinaire d’un fou (moi - Don Estéban) qui a une vision sur un terrain et qui en parle à un autre fêlé (lui - El Boss) qui du coup l’achète et demande à un autre frappé (lui - El Arquiloco) de construire dessus un truc de dingo … Et le pire dans tout ça c’est que toute cette équipe de frapadingues va le faire !

Entre temps, quelques autres azimutés - certainement sans bien mesurer la portée de leurs engagements - se sont greffés sur le bazar et désormais il est question d’un gros catamaran de croisière :

Le Cata :

Costa Rica - Catamaran Alidade - 1     Costa Rica - Catamaran Alidade - 2

Qu’on va transatlanter jusqu’au Costa Rica via le Canal de Panama et tant qu'à faire n'importe quoi autant le faire bien alors il est aussi question aussi d’une île à Granada sur le Lac Nicaragua :

L'île :

Nicaragua, Granada, île - 1

Nicaragua, Granada, île - 2
 

qu’on va terminer pour en faire un truc de maboul qui va attirer … hey, je ne vais pas tout dévoiler maintenant, suite au prochain numéro, va y avoir du sport  ;-))


N° 69 - 28/06/2015 - Quelques incontournables du Costa Rica. Photos par Brigitte H.

Costa Rica - Vieille maison en bois

Maison en bois comme vous en verrez souvent au Costa Rica en bord de route


Costa Rica - Pulperia (épicerie) dans le village de Pinilla, Guanacaste

Costa Rica - Pulperia (épicerie) dans le village de Pinilla, Guanacaste


Costa Rica - Une plage au nom inconnu

Belle plage déserte du Costa Rica dont le nom n'est pas parvenu jusqu'à nous


Costa Rica - Le fruit du palmier à huile

Fruits du palmier à huile qui attendent le ramassage pour aller à l'usine. Ce qui BEAU est-il forcément BON ?


Costa Rica - Camion Coca Cola

Camion Coca Cola que vous croiserez partout sur les routes du Costa Rica. Réponse à la question précédente : NON !


N° 68 - 28/06/2015 - Aller à l’école en bateau.

Je me souviens de petits matins sombres, particulièrement en hiver, quand il fallait péniblement s’extirper du lit à 7H00, s’habiller en hâte pour garder un peu de la chaleur de la nuit, petit-déjeuner au lance-pierre, sortir dans la pénombre puis s’engouffrer dans la voiture à 07H30, avaler une vingtaine de kilomètres pour être à l’heure à l’école un peu avant 08H00, juste avant que la cloche ne retentisse, encore à demi ensommeillé, un peu sonné parfois.

@ choisir, j’aurais sans doute préféré aller et revenir à l’école en bateau comme ces écoliers nicaraguayens sur le Lac du même nom.

@ priori cependant, je ne suis pas du tout certain que ma mère eut volontiers échangé le volant de la 205 de l’époque contre une paire de rames et une casquette… mais je peux me tromper ...
 

Ecoliers revenant de l'école en bateau sur le Lac Nicaragua - 1
 

Ecoliers revenant de l'école en bateau sur le Lac Nicaragua - 2

15 juin 2015 - Ballade sur le Lac Nicaragua - Photos prises depuis le Surant, joli bateau en bois de mon ami David.


N° 67 - 08/05/2015 - Vendre des poulets sur Facebook …

Costa Rica - Poule et 5 poussinsVers 17H00 aujourd'hui, comme chaque soir ou presque, je faisais mon inspection de routine dans la finca et j’assurais en même temps la promenade des 4 chiens. Ils sont ainsi faits, ces canidés, qu’ils ne peuvent se passer de cette habitude sous peine de déprimer et me le faire savoir tout au long de la journée par force regards de biais et grognements extrêmement désagréables à entendre. Et ce malgré les 10 hectares de la propriété et les 30 ou 40 hectares adjacents où ils se promènent pourtant en toute liberté quand ça leur prend. Je n’y coupe jamais donc, à la promenade, et quelque part c’est tant mieux car cela me permet de savoir ce qui se trame dans mon petit domaine.
Car je passe certains jours enfermé dans mon bureau, rivé à mon PC, au motif officiel de travailler. Enfermé c’est beaucoup dire car la porte à l’ouest est toujours ouverte sur le patio et la porte à l’est ouverte sur le Lac Nicaragua, en contrebas, à 35 km à vol d’oiseau environ. On a vu pire comme conditions de détention d’autant que 365/365 les portes peuvent demeurer grandes ouvertes sur la nature. Pas de chauffage ni de climatisation, le printemps, pour toujours … Enfin, en espérant que les apprentis sorciers ne nous modifient pas le temps.

Je sais bien que ça bosse dans la finca tout au long du jour car de loin en loin j’entends la tronçonneuse, la débroussailleuse ou … le silence, c’est selon. Et parfois dans mon dos j’entends grincer la porte du patio et en jetant un œil en arrière par la fenêtre qui donne sur la cuisine d’été, j’aperçois Misael, le péon, qui s'en vient accrocher un régime de bananes ou bien déposer dans la cuisine des noix de coco, des oranges, des citrons … la liste de ce qu’on récolte dans la finca est longue, bien trop longue pour que je connaisse et utilise tout.

Je commence toujours ma sortie du soir par le poulailler. Je ne laisse à personne d’autre que moi la tâche de récolter les œufs. Cela me permet notamment de savoir ce qui va bien, ce qui ne va pas bien et d’y remédier aussitôt. J’en récolte 10-12 par jour en ce moment, ce qui est bien trop pour ma consommation personnelle. Pourtant, lorsque je me suis retrouvé seul à la finca, n’étant pas expert en cuisson de poulets au four, j’ai pris l’habitude d’en manger 3 (frits) le midi et 3 autres (durs) en salade le soir. Après 2 ou 3 mois de ce régime, entre 150 et 200 œufs par mois, j’ai dû diminuer ma consommation d’œufs car je souffrais d’un début d’urticaire. Le foie avait fini par dire stop mais il ne s’était pas rendu sans combattre, le bougre ! Malgré l’hépatite de 2011 qui a failli avoir raison de lui, il a manifestement bien récupéré, il me fera encore au moins 50 ans ! Ce qu'il y a autour, je ne sais pas ...
En revenant plus modestement à 3 œufs quotidiens, avec parfois des pauses, tout est revenu en quelques jours à la normale. Aussi, n’écoutez pas les mauvais plaisants qui vous parlent de « mauvais cholestérol », de ne manger au maximum que 2 ou 3 œufs par semaine, c’est du grand délire. Je suis certain que ces œufs, du fait bien entendu qu’ils sont 100 % organiques sont la meilleure source de protéines que je puisse me procurer là où je vis. Du coup je ne mange quasiment plus de viande et je m’en porte bien mieux.

Costa Rica - Poule noire et poussinsMais revenons à nos poulets. Ce soir je vis que Misael avait réorganisé l’espace où nous mettons les poules qui couvent. Nous disposons maintenant de 4 grands espaces bien délimités, bien protégés et nous allons les porter à 6. Autant de poules qui couvent et donnent naissance - après 21 jours - à 10 poussins chacune, cela fait au moins 60 poussins par mois. Bien trop d’autant que nous ne les mangeons pas, il s’agit seulement de renouveler les poules pondeuses. Et aussi de faire plaisir aux poules car pour illustrer le mot « obstination », il faut avoir eu dans son poulailler un certain nombre de poules qui veulent absolument couver. Les collègues paysans me comprendront. En ce moment j’en ai 8 dans ce cas, sacrées femelles, un vrai cauchemar ! L’idée est donc venue, revenue en réalité, plutôt que de faire plaisir aux poules et par la suite ne plus savoir que faire des poussins, d’élever également quelques dizaines de poulets de chair pour notre consommation personnelle (moi-même et Misael et sa famille) et d’en vendre le surplus.

C’est là que j’appris par Misael, une confirmation en fait, qu’on vend dans le commerce des poussins génétiquement modifiés qui sont programmés pour pousser à tel type d’aliment (maïs OGM + hormones + antibiotiques + chimie diverse) et revendus ensuite une fois engraissés pour la consommation humaine. Dans la mesure où on les laisse un peu gambader dans les prés parmi les seringues usagées (car on les « injecte » aussi), on peut même les vendre comme « poulets de ferme » ou l’équivalent local.
Ouais, je sais vous SAVEZ déjà tout ça mais le VOIR dans la moindre plus petite « exploitation agricole » de quartier ou de rue (c'est là que le mot exploitation prend tout son sens) ça ouvre d'un coup d'un seul bien plus GRAND les yeux et le cerveau !

Misael en me narrant cela savait bien que j’allais écarter cette façon d'élever des poulets et très vite, avant même qu’il ne finisse son exposé, je lui répondis :

- Écoute Misael, dans ce cas mieux vaut que nous mangions directement « l’aliment » (c'est le nom qu'on lui donne) nous-mêmes au lieu de le mettre dans le poulet. Ainsi nous gagnerons du temps et de l’énergie et pour le cancer, de toute façon ça ne change pas grand-chose, il arrivera toujours à point.
- Qu’en penses-tu ?

Misael qui connait bien mon opinion sur la question et la partage d’ailleurs, acquiesça.

Nous prîmes donc la décision d’élever uniquement du poulet « criollo », à l’air libre avec - au maximum - un apport extérieur en peau de riz local. Je sais bien, le riz n’a pas de peau mais je ne retrouve plus le terme exact. Sachez quand même que nos poulets mangent tous les jours de la banane bio et de la chair de noix de coco, idem, que du bio. Plus tous les agrumes qui tombent à terre par centaines puisque le terrain d’expression des poules est pour partie constitué d’un verger. Et bien entendu tout ce qu’elles trouvent en grattant à l’air libre et en sous-bois.

Comme je n’ai pas encore le loisir de parcourir les routes du Costa Rica avec ma Nissan Miller bourrée jusqu’à la gueule de cages à poules, j’ai demandé à Misael comment nous allions les vendre, tous ces poulets. L’idée c’est que je paie tous les frais et que je lui donne un pourcentage sur les ventes.
Et c’est là qu’il m’a dit :

- Pas de souci, je vais les vendre sur mon Facebook.

A son air sérieux, je vis qu’il ne plaisantait pas.

- Sur ton Facebook ?? T’as un PC Misael ? lui demandais-je alors.
- Non me répondit-il, mais j’ai Facebook sur mon téléphone.

J’éclatais de rire, on était sauvé ! Moi aussi j’ai un Facebook mais de là à vendre des poulets dessus …

Sur ce, afin de finir ma promenade avant la nuit, je le quittais, un peu interloqué quand même mais rassuré du fait que j’allais pouvoir vendre mes poulets bio grâce au Facebook de mon péon.
Peut-être même allions-nous faire le buzz dans le quartier ?

Costa Rica - Champ de bananes plantainsAprès le poulailler, les chiens m’attendant généralement assis ou couchés dans l’herbe en baillant d’impatience, je descends toujours vers le champ de bananiers, des plantains essentiellement, que nous avons plantés en 2014. Quelques centaines de pieds, il faudrait que je songe à en faire le compte exact …
Car quand tout cela va donner d’un coup (jusqu’à 70 bananes par pied) je n’aurai pas assez de la Nissan pour tout envoyer à la vente. Pour l’instant, j’utilise la centaine de bananiers déjà en production, 200 peut-être, comme monnaie d’échange quand je descends faire mes courses à Upala. Des plantains donc et aussi des citrons, oranges, mandarines selon la saison et les œufs en surplus, cela me paie largement ma consommation personnelle de fruits et légumes que je ne produis pas. Il s’agit d’un échange en réalité.
Costa Rica - Régime de bananes plantains
Au début, le marchand de fruits & légumes rechignait à acheter ma modeste production du fait qu’il n’y en avait pas assez justement. Je lui ai un peu forcé la main à dire vrai, car il ne sera pas dit qu’un vendeur d’élite d’immobilier comme moi n’est pas foutu de vendre 3 bananes et quelques œufs au premier boutiquier venu.
Il en allait de ma fierté, je ne plaisante pas avec ça. Alors j’ai mis le paquet pour vendre.

J’ai argué du fait que tout était 100 % bio, meilleur au goût et pour la santé et il m’a répondu qu’il s’en fichait bien car ses clients ne sont pas sensibles à cet argument, lui non plus. Pas assez de cancers dans la zone mais peu à peu ça vient lui répondis-je et, un peu interloqué, il en convint néanmoins, l’hôpital n’étant très pas éloigné de son magasin.
Il finit donc par accepter ma production, 1 fois ou 2 par semaine, quand je passe par là.
Et quelques mois après cette petite victoire, ce qui me fait le plus plaisir, quand je n’ai rien à échanger ou que j’oublie de prendre quelques caisses avec moi dans la voiture quand je descends faire mes courses, c’est qu’il me demande alors :

- Euh, t’as rien amené avec toi aujourd’hui ?

La dernière fois, il m’a même confié qu’il se réservait pour lui-même une partie des œufs que je lui porte. Il y a des petits combats dont on sort plus grand vainqueur que certains gros !


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