Mon Costa Rica à moi ... Vivre au Costa Rica ... BLOG Costa Rica ...

Grenouille transat BLOGPersonnellement cela ne m’intéresse pas du tout de vous parler du Costa Rica.
Comme s'il n'y avait qu'un seul Costa Rica ...

Surtout, d'autres que moi font cela bien mieux.
Voyez par exemple Wikipedia, le bon vieux Routard, le Petit Futé et autres Lonely Planet.

Ce dont j’ai envie, c'est plutôt de vous parler de MON COSTA RICA à MOI.
Celui que moi-même et ma famille vivons au jour le jour, a lo largo de la manera (chemin faisant), con el tiempo (au fil du temps).
Pays parfois merveilleux, souvent quand on y pense, d'autres fois horripilant, un peu comme la vie en général. En un peu mieux ...
Je vais essayer de vous le présenter, sans prétention, façon BLOG.

Pas de stress, on écrira au fils du temps, quand nous aurons le temps ... Pura Vida ...

@ bientôt,


L'Actualité du jour

Parfois ne pas
obtenir ce qu'on désire
est un merv.
coup de chance

N° 75 - 20/10/2016 - ON m’indique que … ou bien comment bien perdre ton temps si tu ne sais pas quoi faire.

Je ne sais pas si cela existe en France ou ailleurs mais ici au Costa Rica nous avons un truc sympa et récurrent qui s’appelle « actualización de datos ». C’est la banque qui te convoque de temps à autre au motif de « mieux te connaitre » (je cite), pour ta sécurité, tout ça, tout ça … Remarque en passant, quand une quelconque administration ou un machin-chose assimilé commence à te parler de ta sécurité pour justifier son intrusion dans la vie privée, pars en courant, pour ta sécurité justement. Et si tu ne viens pas faire allégeance à ton banquier qui souhaite mieux te connaître car il t’aime, au bout d’un moment, très rapidement même, tu n’as plus accès à tes comptes, à ton argent donc, sans doute un truc inédit et radical de sécurité pour empêcher qu’on ne te le vole. Car assurément, il est plus en sécurité bien au chaud à la banque que dans tes poches.

L’autre jour, ayant 1 heure ou 2 devant moi à perdre pour aller faire la queue à la banque, je me suis mis en tête d’aller renouveler une carte bancaire, démarche on ne peut plus banale à priori.
Oui mais ça c’était AVANT que la banque ne décide de prendre en charge ma propre sécurité. Je précise que je fais la démarche pour le co-gérant d’une société dont je suis moi-même également co-gérant. Après l’attente réglementaire, muni de mon sésame à numéro qui indique que c’est bien mon tour, je présente une « Personéria Juridica » (équivalent du Kbis en France) de la société ainsi que la copie du passeport du titulaire de ladite carte de débit expirée. Jour béni, tout s’enchaîne bien, la madame néanmoins tapote à l’infini sur son clavier en jetant des regards complices et entendus à l’écran, à priori on s’achemine vers du remplissage de papier jusqu’à ce que l’aimable guichetière me signale que le N° de passeport présenté ne correspond pas à celui qui a été enregistré à la création de la société, quelques années auparavant. Quoi de plus ordinaire puisque, chacun sait, un passeport a une durée de vie limitée et qu’il convient de le renouveler à intervalle régulier. Devant cette bizarrerie, l’employée zélée décide d’aller consulter son supérieur qui visiblement s’emmerde à 100 colons (monnaie du Costa Rica) de l’heure dans sa cage de verre.
Entre (), qui ne s’emmerderait pas coincé toute la sainte journée dans une cage de verre avec vue sur :

  • A l’est : le mur avec quelques vieilles affiches de trucs de banque dont tout le monde se fout éperdument.
  • Au nord : rien.
  • Au sud : les toilettes.
  • A l’ouest : la file des clients dont une bonne partie sont là pour effectuer des démarches aussi inutiles que chronophages.

Le supérieur qui se sait vu des guichets prend un air grave, se désavachit autant que possible en se redressant ridiculement sur son siège, opine à plusieurs reprises du chef d’un air important comme si se décidait là l’avenir de l’humanité. Puis, l’employée ayant reçu l’expertise du supérieur comme elle aurait reçu les saints sacrements quitte la grande cage pour rentrer dans sa petite cage personnelle, le guichet.
Et là, oh surprise, comble de joie, elle me dit qu’on va solliciter le renouvellement de la carte et qu’il me suffira simplement de présenter le nouveau passeport quand je viendrai retirer la nouvelle carte. Heureux de m’en tirer à si bon compte, sans trop y croire presque, je m’enfuis à toutes jambes de la banque vers de meilleurs cieux.

Autre () pour préciser qu’il y a dans cette petite succursale bancaire, en plus de l’orang-outan dans sa cage, 4 employés, 3 femmes et 1 homme, pour 3 guichets. Ayant sans doute beaucoup pêché dans mes vies antérieures, mes responsabilités actuelles me conduisent à me rendre fréquemment à la banque et j’ai donc eu tout le loisir de remarquer une chose. 3 employés sur les 4 évitent autant que faire se peut de rentrer dans la cage de verre et cherchent en général à arranger, quand c’est possible, le client que, dans la plupart des cas, ils connaissent depuis des années. Une seule parmi les 4 employés, à chaque occasion même la plus insignifiante, d’un air pincé s’en va culin-culant (expression perso dérivée de clopin-clopant et signifiant marchant péniblement du fait que toute sa grasse personne ondule autour de son gros cul qui progresse avec peine) prendre l’avis de l’oracle dans sa cage et généralement, à son retour après un temps plus ou moins long, trop long toujours, cela se termine ainsi, air faussement consterné et sourire en coin :

- Ah non, désolée (mon cul !), ce n’est pas possible, vous comprenez, il va falloir faire des démarches supplémentaires …

Et bien entendu en pareil cas tu ne veux rien comprendre - de toute façon il n’y a RIEN de RIEN à comprendre - tu quittes la banque énervé, tu fais chier ta femme et tes gosses qui te le font payer en retour … bref, une journée de merde !

Mais une fois n’est pas coutume, je rentre chez moi le cœur léger, un peu plus et je pourrais trouver l’employée trop zélée presque sympathique, ma femme aimable et mes gosses obéissants …

Oui mais ça c’était AVANT que je ne reçoive l’e-mail de la banque.
Et que dit cet e-mail ? Je vais vous le traduire :

Nous avons un autre inconvénient (comme si un seul ne suffisait pas) au sujet du renouvellement de la carte de X car on (j’adore le « ON ») m’indique qu’il faut nous fournir une preuve du Ministère de l’Immigration qui certifie qu’il s’agit de la même personne.

Là, je l’avoue, bien qu’habitué depuis des lustres aux perversités administratives, aux contradictions, aux interprétations différentes selon la personne qui interprète et l’âge du capitaine … je reste quelques secondes perplexe, la langue pendante.
Sans ciller, la banque par l’intermédiaire de sa zélée employée me demande de me rendre à plusieurs heures de route dans une (autre) administration qui par ailleurs JAMAIS ne me donnera un tel document débile pour leur demander de certifier que 2 passeports comportant …

  • Le même nom de famille
  • Les mêmes prénoms au nombre de 3
  • La même taille
  • La même couleur d’yeux
  • La même date de naissance
  • Le même lieu de naissance
  • La même photo à quelques années près

… concernent bien la MÊME personne !!!

Je me disais aussi que l’autre jour, en sortant de la banque, m’en tirer à si bon compte tenait quelque part du miracle. Je ne m’attendais pas, néanmoins, à être à pareille fête …

Mais le pire là-dedans - car la connerie est ordinaire et ne surprend personne - c’est encore le « ON » du « on m’indique ». Car si pris d’une juste et irrépressible envie d’aller prouver à la guichetière l’absurdité crasse de sa demande (car justement le but premier du passeport est bien de s’assurer de l’identité de la personne qui le détient et que, il n’y a RIEN de mieux qu’un passeport pour cela) je me rends à la banque pour parler à « ON », rapidement devant mon légitime courroux elle va m’indiquer l’orang-outan dans sa cage et voilà à peu près comment ça va se passer.

- Après 10 minutes de perdues en salamalecs, l’orang-outan va pointer le doigt vers le ciel (un peu à la manière de Dieudonné si vous saisissez de quoi je parle) pour signifier que ce n’est pas lui qui décide mais la « sainte direction », que ce n’est pas faute, qu’il n’a rien à voir là-dedans, que si cela ne tenait qu’à lui … Inutile donc de perdre plus de temps à lui faire remarquer qu’il serait plus judicieux pour le client pressé de sortir de la cage pour aller respirer DEHORS de le remplacer - lui le banquier - par un panonceau de carton posé sur son bureau qui indiquerait « Je ne sers strictement à rien, voyez plutôt la sainte direction ». Car le banquier en général n’apprécie pas l’humour, encore moins la vérité.

- Ensuite je perdrais des heures, au siège (ne dit-on pas aussi « le siège » pour « le cul ») errant téléphoniquement de services en services à la recherche d’une personne responsable. Si par miracle il s’en trouvait une en fonction ce jour-là, d’un air navré elle pointerait alors le doigt vers le ciel pour me signifier la même chose que précédemment.

- Sachez qu’ici au Costa Rica (et sans doute ailleurs) cela se termine invariablement de la même façon. On te renvoie à la Ley 8204 qui fait 55 pages en format PDF et que la quasi-totalité des gens qui te la balancent au moindre prétexte à la face n’ont jamais pris la peine de lire ne serait-ce que le titre. Cette loi a pour titre « Règlement général sur la législation contre le narcotrafic et activités connexes, le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le crime organisé ». C’est tellement large comme objet que cela fait de chaque personne qui a un compte à la banque non pas un client, comme auparavant mais un suspect. D’autant plus quand on a dit « terrorisme » alors on a tout dit …

- Pour finir, de « responsable » en « responsable » j’en arriverai jusqu’à Barack Obama qui lui aussi à son tour finirait par pointer le doigt vers le ciel …

Parfois on en arrive à souhaiter que tout ce beau merdier se casse la gueule afin que chacun retrouve sa juste place, le banquier au cul de la vache, l’employée zélée au cul de l’ex banquier …
Et les politiques d’en haut à peigner la girafe jusqu’à la fin des temps …
Et ceux qui les paient en enfer …

En attendant il faut bien faire avec …



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