Mon Costa Rica à moi ... Vivre au Costa Rica ... BLOG Costa Rica ...

Grenouille transat BLOGPersonnellement cela ne m’intéresse pas du tout de vous parler du Costa Rica.
Comme s'il n'y avait qu'un seul Costa Rica ...

Surtout, d'autres que moi font cela bien mieux.
Voyez par exemple Wikipedia, le bon vieux Routard, le Petit Futé et autres Lonely Planet.

Ce dont j’ai envie, c'est plutôt de vous parler de MON COSTA RICA à MOI.
Celui que moi-même et ma famille vivons au jour le jour, a lo largo de la manera (chemin faisant), con el tiempo (au fil du temps).
Pays parfois merveilleux, souvent quand on y pense, d'autres fois horripilant, un peu comme la vie en général. En un peu mieux ...
Je vais essayer de vous le présenter, sans prétention, façon BLOG.

Pas de stress, on écrira au fils du temps, quand nous aurons le temps ... Pura Vida ...

@ bientôt,


L'Actualité du jour

Vamos ...
... a la playa !
Back to ...
... Tamarindo !!!

N° 66 - 02/04/2015 - Estamos en la ducha.

Le titre de cet article est un peu racoleur, je l’avoue, parce que d’abord c’est complètement faux, je suis tout seul dans la douche - je me vante un peu là - j’aurais donc dû écrire « « Estoy en la ducha ». Et puis surtout je reprends à bon compte et à mon compte cette maxime révolutionnaire s’il en est à des fins plus légères … encore que … chacun pourra en juger à sa guise.
Et puis c’est un clin d’œil à l’article #61, plus bas, qui lui dit bien et fort ce que son titre « Estamos en la lucha » laisse présager.

Je reprends … alors que ce matin depuis la douche au travers de la fenêtre de la salle de bain qui donne directement sur le bosquet tropical, j’observais à travers le cadre de bois sans vitre qui me sert de fenêtre, l' éternel printemps qui lui me sert de climat, je me faisais la réflexion qu’on ne peut pas, devant tant de beauté chaque jour renouvelée, être morose, chagrin, triste, déprimé … Au travers du cadre virtuel, on aurait dit un tableau, un tableau sonore même tant le bruit - je n'ose pas dire le chant - des « chicharras » (cigales) est omniprésent en cette saison. Je dis omniprésent car parfois on aimerait bien que ça s’arrête et puis, c’est comme tout, on finit par oublier. A condition de ne pas trop y penser bien entendu, sinon derechef on se le reprend en pleine poire, en pire.
Car ici à la finca, depuis bientôt 2 semaines, c’est « verano », l’été c'est-à-dire qu’il ne pleut pas tous les jours ou presque comme pendant « el invierno » qui lui dure toute l’année moins « verano » c'est-à-dire … toute l’année !

En équation cela donnerait à peu près ceci : hiver - été = hiver

Mais ce n’est pas tragique, hein, bien au contraire. Les anciens disent qu’il y a plus de 50 ans il pleuvait dans cette zone du Costa Rica quasiment en permanence et il arrivait parfois que les nuages cachent le soleil plusieurs mois durant. Bien qu’il reste encore beaucoup d’arbres, on reboise même en ces temps bénis, il semble que le climat ait changé principalement à cause du déboisement. Moins de pluie donc, dans les 3.000 mn annuellement quand même et puis aussi élévation graduelle de la température. Par ici, pour nous les humains du moins, ce n’est pas encore dramatique, pour le reste je ne sais pas.
Une moyenne annuelle de température de 24°, 18 à 30 en été, 15 à 26 en hiver ou bien à peu près. Alors, qu’est-ce-qui me rend si triste ? Car certains tueraient pour vivre 365/365 dans un tel climat ! Et bien je crois que c’est le fait d’éprouver à nouveau des émotions même au travers des activités les plus quotidiennes et banales comme prendre une douche. J’avais sans aucun doute oublié que la Vie est Émotions.

Qu’est ce qui me touche le plus finalement ? Sans hésitation je peux affirmer, certainement la photo d’un enfant malheureux ou bien la vue du même enfant malheureux dans la Vraie Vie, pas celle d’Internet. Quelques exemples de scènes de la Vraie Vie - pris sur Internet néanmoins - qui me bouleversent :

Kévin Carter, l'enfant et le vautour          Enfant affamé à Gaza          Enfant orphelin à Donbass, Ukraine

(Cliquez sur chaque photo pour agrandir mais vous pouvez aussi très bien vous en passer)

Je suis réellement bouleversé lorsque je vois la photo d’enfants confrontés à la mort, la leur ou celle d’un proche, à la faim … Ces scènes sont absolument terrifiantes parce qu’immédiatement, à leur vue, j’éprouve, nous éprouvons, 3 sensations :

  • Une grande frustration car on ne peut rien y faire. Parce que ce sont des scènes passées bien évidemment, qui se déroulent en général loin de l’endroit où nous nous trouvons, mais elles sont dans l’instant tellement prégnantes qu’on a instinctivement le mouvement de se lever pour faire quelque chose. Et puis on comprend aussitôt que c’est vain.
  • Une grande inquiétude car on se dit que - à force de déléguer à d’autres que nous tout ce qui compte dans la Vie - cela pourrait aussi arriver aux nôtres, ou bien au vôtres, c’est exactement la même chose.
  • Une grande colère, relativement à ce qui précède.

Pour finir sur une note d’espoir quand même, retour à la beauté de la nature qui, quoi qu’il arrive, sera encore là demain. Et moi aussi certainement. Pour les enfants justement.

Anna, Russie - Mars 2015     Ivan, Russie - Mars 2015

PS : Aujourd‘hui c’est Jeudi Saint, j’ai initialement écrit Jeudi Sain, lapsus révélateur ? Et bien NON, bien au contraire, car j’ai choisi ce jour réputé maigre au Costa Rica puisque toute vente d’alcool est interdite (supermarchés, bars, restaurants …) pour ouvrir une bonne bouteille - c’est mon côté révolutionnaire, « estoy siempre en la lucha » - à mon usage exclusif puisque, à part mes 4 gardes canins qui jusqu’à preuve du contraire ne boivent pas, je suis seul jusqu’à dimanche à la finca, je n’aurai donc pas à partager.
Demain, selon la foi chrétienne, c’est donc Vendredi Saint, « jour de tristesse et de méditation », au moins quoi qu’il arrive d’ici là, je serai dans le ton.
Et puisque j’ai parlé dans ce billet « d’émotions » je finirai avec ce SMS que j’ai reçu hier et qui dit textuellement, je traduis d’espagnol en français :

- Oui, je sais, mais aujourd’hui personne ne vit d’amour, avec l’amour tu ne paies pas la maison, tu ne paies pas tes dettes, tu ne te nourris pas et tu ne t’habilles pas. Aujourd’hui le principal c’est la santé et l’argent. L’amour vient après cela.

E., Chica, je ne peux pas être d’accord avec toi ou bien alors c’est que j’ai raté une marche. Ou bien alors peut-être, sans doute, à l’insu de mon plein gré toujours, suis-je devenu trop riche quelque part ? Et pourtant … Il va falloir creuser cela …


N° 65 - 24/03/2015 - Mais pourquoi donc parles-tu de toi, de ta misérable vie, dans ton BLOG ?

Blog Costa Rica - 1« Pour l'essentiel, l'homme est ce qu'il cache : un misérable petit tas de secrets … » disait un personnage de Malraux à propos de l’Homme. Ouais, on peut voir cela comme ça, surtout quand il s’agit des autres. Quand il s’agit de sa propre vie en revanche, le plus souvent on ne la voit pas comme « misérable », même si misérable, on l’est forcément toujours un peu quelque part.
On peut alors se demander ce qui pousse quelqu’un à étaler sa vie personnelle et forcément misérable quasiment par définition sur un BLOG, sur la Toile accessible à tous. Jusqu’à récemment encore, je me le demandais également. Jusqu’à ce que, peu à peu, je m’y mette moi aussi. J’y vois déjà quelques avantages :

- Personnellement cela permet d’informer les personnes de l’entourage, du moins celles qui s’intéressent à vous, des divers évènements qui surviennent dans votre vie, les heureux comme les moins bons. En fait, c’est plus délicat qu’il n’y paraît de prime abord. Vous informez seulement, vous ne forcez personne à réagir. Imaginez par exemple que votre femme ou votre mari vous laisse inopinément tomber comme la vieille chaussette que vous vous êtes patiemment efforcé de devenir au fil du temps. En informant vos proches avec un mèl du type :

- Thérèse m’a quitté … Bouh que je suis malheureux sans ma Thérèse … que vais-je devenir sans elle … en plus elle est partie avec le chien et elle m’a laissé les gossesBouh …

 et tutti quanti … quelque part vous les forcez à réagir, à compatir à votre libération malheur. Même s’ils pensent très fort …

- Ben c’est pas trop tôt, on a jamais pu la piffer la Therèse (ou le Raymond), il était plus que temps qu’elle se casse la grognasse, on aura plus jamais à se farcir sa tronche de cake aux repas de famille … pourvu qu’elle ne revienne pas … quelle bonne nouvelle, la meilleure de l’année !

… ils ne pourront d’évidence que se fader d’un mèl de consolation, hypocrite au possible - politiquement correct cependant, c'est l'époque qui veut ça - et vous le lirez de la même façon, hypocritement. Au final ce n’est sans doute bon pour personne, toute cette hypocrisie larvée, même si c'est très tendance.

Tandis que pour vos proches lire la nouvelle, bonne ou mauvaise, sur votre blog c’est plus souple quelque part. Ils peuvent réagir ou bien ne pas réagir, prendre leur temps pour digérer la chose. S’ils ne réagissent pas tout de suite, ils ne sentiront pas coupables, c’est qu’ils n’ont pas encore lu, n’est ce pas ? Ou bien alors qu’ils auront mal lu ou alors mal compris, assurément … il faudra relire encore et encore pour bien comprendre. Plus de nuances dans la réaction donc, du blanc au noir avec toutes les nuances de gris qu’on voudra bien y mettre.
Blog Costa Rica - 2L’erreur du blogueur finalement serait de dire à tout le monde, du style j’envoie un mèl à tout mon carnet d’adresse :

- Hey vous tous, m’a femme (ou mon mari) s’est barrée, z’avez pas lu mon blog ???

Pas bon ça, pas bon du tout !

- Professionnellement vous vous attirez des sympathies fortes tout comme des antipathies tout aussi fortes.

Certaines sympathies sont profondes car des lecteurs et futurs clients se reconnaissent dans ce que vous écrivez. En plus cela paraît vrai et c’est bien normal car, en ce qui me concerne en tous les cas, c’est 100 % véridique. Vous apparaissez donc à leurs yeux comme un humain avec toutes ses qualités et ses défauts, quelqu’un comme eux donc et non comme un robot dressé à vendre des trucs et des machins. Cela crée des liens et tout à coup vous voyez débarquer un « client » qui vous suit sur le Net depuis des années. Il connaît tout de vous, ou presque. Il en sait même souvent plus que vous sur certains aspects de vous-même. Je ne compte plus les fois où un client de passage a rafraîchit ma mémoire à propos de ce que j’avais pu écrire ou vivre par le passé. Drôle de sensation !

Les antipathies sont également très utiles car, le plus souvent mais pas toujours cependant, elles garderont éloignés de vous les funestes, les inopportuns, les pisse-chagrin, les fâcheux, ceux qui n’ont pas d’humour, ceux qui croient en avoir et en sont d'évidence dépourvus (les pires !) et même, si on a de la chance, les Témoins de Jéhovah. Il ne faut donc surtout pas craindre de déplaire, bien au contraire ! N’en faites pas un vice non plus.

Et puis, après tout, pourquoi un agent immobilier (de profession) ne devrait-il parler que d’immobilier ??? Imaginez un pharmacien qui ne parle que de médicaments, un dentiste qui ne parle que de dents, pire un proctologue qui ne parle que de … sa pratique professionnelle. Ce serait d’un chiant, on s’ennuierait très rapidement.

En illustration, en attendant le « vrai blog», quelques récentes réactions de lecteurs & lectrices :

Blog Costa Rica - 3

- Je n'ai pu lire ton blog que ce matin... et il m'a fort ému ... d'autant que ça me fait revivre ces souffrances ... ... !! Il m'a fort touché, pour plusieurs raisons : ton blog est non seulement vraiment super bien fait, mais en plus, tu racontes ton aventure costaricienne comme j’aime, simple, bien observé, dans le détail, tu écris vraiment bien… passionnant... très touchant… ton blog me semble une super bonne idée … réalisée avec talent … ça m’a scié… admiratif… j’aimerais pouvoir en faire autant… et en avoir la discipline… Vraiment, BRAVO ! (BdW).

Un grand merci pour vote site web, je vous ai lu avec passion et complicité. J'aime votre franchise, votre humour, votre analyse critique, vos références littéraires et votre esprit libre. Je pense à vous tous les jours. Je me suis connectée au feeling quelques heures après votre "post" et je venais de commander une carte routière pour le Costa Rica à une librairie du voyage à Renne pour laquelle je viens d'écrire "Je vous ai choisi parce que j'aime les bretons. Ceux sont les seuls qui ont encore de la culture, un pays, une langue, du caractère et qui tiennent le cap." C'est con mais je l'ai fait pour vous.
J'ai oublié de dire "ceux qui ont encore des sentiments ", ce qui me séduit chez vous. Aujourd'hui on vous demande d'avoir de la pudeur et des faux semblants.
Je suis effondrée par ce qu'il vous arrive. Je me suis dit "on ne voit pas", on ne peut pas voir tellement on est engagé.
Il n'y a pas de mot pour vous soulager. Il n'y a pas de possibilité de récupérer la dérive avec les humains même si on est le meilleur nageur. "Estamos bien en la lucha ". Je vous aime beaucoup, on ne se connaît pas, mais il y a une personne dans ce tunnel noir qui pense à vous et qui vous comprend. Je ne sais pas comment vous soutenir à part dans votre loyauté, votre respect du silence, des animaux et de la nature en ce moment. Ceux sont les roussettes, dans la nuit noire avec leur vol lourd, autour de la maison, qui m'ont sauvée. C'est exactement ce que vous décrivez, le silence de la vie.
Je ne sais pas quoi vous dire, vous écouter est la seule chose la plus humaine.Tendrement.
 (BH).

- On est fan de votre humour caustique et de votre ton parfois à la limite du blasé en ce qui concerne les « nouveaux arrivants ». (A&T).

- J'ai parcouru rapidement votre blog au boulot (mon épouse s'était empressée de me faire suivre votre réponse sur mon mail pro) et franchement au fur et à mesure des phrases on a l'impression de vivre l'aventure avec vous. Bravo et merci de faire partager vos aventures costaricaines… (ND).

Bon, merci à vous tous, ça fait sacrément plaisir - à l’égo ou à l’âme ? - alors, envers et contre tout, nous continuons …


N° 62 - 12/03/2015 - Allons donc pêcher le gros BAZAR au Nicaragua.

Bon, voilà, parfois la vie se met en marche, ça ne prévient pas et il faut sauter dans le train (voir mon commentaire du Post N° 38 de Actualités) parce qu’il va toujours dans le même sens. C’est rare qu’il s’arrête en pleine voie et fasse marche arrière pour ramasser un laissé en rade sur le quai. Toi comme moi !

Ceci étant dit, ce week-end, comme on ne savait pas trop quoi faire avec mes potes, aussi sec nous avons pris le bateau pour le Nicaragua histoire d’aller taquiner le « pescado » sur le Rio San Juan. Ne me demandez pas le nom du bazar, je suis aussi nul en poissonnerie qu’en botannerie. Le BAR ça encore je connais parce qu’on a ça chez nous en Bretagne, du bar. Des bars aussi, même que forcément, un jour ou l’autre, ça laisse des traces.
Jusqu’au dernier moment, nous avons douté chopper au vol un bateau pour traverser la frontière maritime mais nous avons finalement débarqué au Nicaragua en fin d’après-midi. Fort bien accueillis d’ailleurs par l’aubergiste, nous avons soupé comme des rois, seuls au monde, sur le deck du lodge.

Le lendemain matin, debout à 5 heures, douche froide pour se remettre de la veille (pour gagner 10 minutes, cherche donc pas l’eau chaude car y_en_a_pas), le temps de discuter avec les autorités et nous obtenions les permis de pêche réglementaires, au Nicaragua on ne rigole pas avec ça. Au Nicaragua on rigole vraiment de tout ... sauf de l’autorité. Avec l’autorité on s’arrange et après seulement on rigole.

Très vite, tandis que le bateau filait sur le Rio San Juan, j’ai réalisé que même en pays tropical il est conseillé de se munir d’une petite laine pour fendre la bise de l’aube. Je me suis protégé du froid mordant comme j’ai pu avec des gilets de sauvetage usagés qui manifestement auraient eu peine à sauver de la noyade un végétarien en phase aigüe de jeûne. Après une demi-heure à fond les ballons, nous sommes arrivés sur la zone de pêche.

Comme le « pescado » ne se décidait toujours pas à mordre après 1H30 d’allées et venues, Thierry a unilatéralement décidé qu’on allait ouvrir des bières pour le faire venir. 08H00 du mat c’est généralement un peu tôt pour l’apéro mais il faut parfois savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur, ainsi l’on pense en Finistère. D’après lui, c’est un truc qui marche à tous les coups. Sans déconner, la première bière n’avait pas encore fini de faire « PSCHITT » tandis qu'on l'ouvrait que le premier bazar mordait à l’hameçon. Ce premier bazar donc fut pour Éric qui se trouvait au plus près de la bonne canne, le second pour Thierry et j’eu, quant à moi, l’honneur du troisième, le plus gros il va sans dire. La photo est là pour le prouver même si on ne voit qu’un bout du bazar que je sortais magistralement de l’eau quelques minutes après. C’est comme un iceberg en fait, le plus gros est sous la mer. Enfin, sous l’eau, la mer est quand même un peu plus loin, à près de 200 km. Et puis dans le coin y_a_pas trop d'icebergs. M'enfin, c'est juste une image, pour que vous réalisiez mieux la taille du bazar.

Chacun ayant eu son compte de « pescado », trop forts, nous décidâmes d’un commun accord de ne pas davantage vider le Rio, d’en laisser aimablement pour les autres et nous nous concentrâmes plutôt à vider les glacières qui n’attendaient que ça. Jusqu’ici, je croyais un peu naïvement certes, que les kilos de glace que chargent les bateaux de pêche avant de quitter le port étaient destinés à conserver le poisson. Quelle funeste erreur de ma part ! Une croyance de plus qui vient de disparaître car dans la réalité vraie du terrain vécu, c’est juste pour la SOIF. Car objectivement, rien ne dit à l’avance que nous attraperons du poisson. Par contre, sauf miracle, nous sommes à peu près sûrs d’avoir grand soif à un moment ou bien l’autre. Après force bières, vin (rouge ou blanc, j’ai oublié) et un truc local vraiment costaud à base de coco et de rhum, vers midi, après avoir maintes fois failli tomber du bateau à cause de besoins pressants à satisfaire, nous rentrâmes au lodge très satisfaits de nous-mêmes, de la pêche et d'avoir réussi à vider les glacières.

Une fois au lodge, une acorte nica nous servit très rapidement les gros bazars pêchés magiquement transformés en carpaccio et en filets grillés. Pur délice !!!
En fin d’après-midi, soit 24 heures après avoir débarqué, nous embarquions pour le Costa Rica.

Retour casa, Pura Vida !

PS : si un lecteur touché par la grâce de nos petites aventures en Amérique Centrale souhaite acheter en pleine propriété un centre de pêche extraordinaire et unique au Nicaragua, qu’il me contacte.
 

Stéphane - Pêche au Rio San Juan du Nicaragua - Mars 2015 - Vue 1

Stéphane - Pêche au Rio San Juan du Nicaragua - Mars 2015 - Vue 2


N° 61 - 23/02/2015 - Estamos en la Lucha.

La finca est désormais silencieuse. Plus de cris d’enfants, de rires, de disputes, des pleurs aussi parfois et des cavalcades effrénées vers la maison. Pour manger, se soigner, changer des vêtements mouillés ou même souvent déchirés.
Bien sûr aujourd'hui il y a encore les chiens qui sans cesse se rappellent à mon souvenir, les quelques coq chantants et les dizaines de poules qui constamment envahissent le patio et qu’il faut chasser, les toucans qui viennent se partager tour à tour le régime de bananes qu’on accroche à leur libre disposition, le cri des perroquets verts, le hurlement des singes, le manège incessant des oropendolas, le hibou tout proche dans le bosquet tropical qui me parle toute la nuit alors qu’avant je ne l’entendais pas. Et même les colibris qui, l’air de rien, font leur part. Les serpents aussi qui passent sous la maison, je les entends maintenant.

Et là-bas sous le rancho, la radio tourne quasi 24/24 pour faire un peu de bruit, un peu de vie. Radio Romantica, je crois, des chansons - pura latinas - d’amour au kilomètre qui me viennent tout droit du Nicaragua, là, tout près, à porté de vue, à portée de voix presque, à portée de vie en tous les cas. Du matin à la nuit et souvent de la nuit au matin je m’en emplis le cœur et même cela ce n’est pas encore suffisant, il reste de la place, tant de place, en fait tout dedans c’est le grand vide intersidéral. Le vide n’est pas vide paraît-il - habituellement je le crois volontiers - mais là, aujourd'hui, je peux assurer sans me tromper que ce vide-là est bien vide. Et froid aussi.

La finca, pourtant, est pleine de vie, la plupart insoupçonnée, ça explose de partout, tout  le temps et moi aussi je suis en vie. Enfin je crois …
Car pour moi, sans vous, les enfants, la finca est silencieuse, trop silencieuse et mon cœur saigne abondament de tout ce silence.

Anna et Ivan - Russie - Février 2015

Anna - Dessin chien - Russie - Février 2015


N° 60 - 01/02/2015 - Comment j’ai quasi marché sur un crocodile à l’insu de mon plein gré.

Cette partie du site, assez personnelle parfois mais en rapport avec le Costa Rica ou les pays environnants (sauf bien sûr quand je m’égare en route) doit prochainement être avantageusement remplacée par un vrai blog interactif qui me permettra de recueillir plus aisément vos commentaires bienveillants et intelligents. Enfin j’espère … Mais il semble que mon nouvel informaticien (un tout djeun) est entré en sommeil prolongé, en éténation (le pendant tropical de l’hibernation) et il va donc falloir que je songe à le sortir de sa torpeur estivale ou festivale, je ne sais trop. Déjà que voici 3 ans j’en ai déjà perdu un d’informaticien - en fait il s’est perdu tout seul et aux dernières nouvelles ne s’est pas encore intégralement retrouvé - je ne voudrais pas en perdre un de plus, à la fin ça fait mauvais genre. Ou bien alors il s’est dégoté une chica par là, c’est le danger avec les djeuns ! Avec les moins djeuns aussi remarquez. Je connais même des vieux … mais j’arrête là, je vais encore m’attirer des ennuis.

Aujourd'hui, promenade matinale dans les beaux jardins d’un hôtel situé en plein centre de Liberia, capitale de la Province du Guanacaste. A 5H00 j’étais déjà dans la piscine, pas vraiment mon habitude mais à 3H30 je fus malencontreusement réveillé par des « boum boum » de type basses fréquences qui traversent jusqu’aux murs de bunker. La réceptionniste m’apprendra plus tard qu’il s’agit de la discothèque située de l’autre côté de la rue. Au moins à 150 mètres de ma chambre donc ! Tous comptes faits, la prochaine fois que le travail m’amènera à Liberia, j’irai plutôt passer directement la nuit dans la discothèque et avec l’argent de l’hôtel ainsi économisé, je pourrai boire force mojitos ou téquilas, c’est plus malin. Car si mon alcoolisation est optimum, à 1 heure du mat environ je serai fin saoul et je pourrai dormir au moins jusqu’à 7 heures sur une banquette. Car ça tourne 24/24 ce bazar musical apparemment.

Mais je m’égare là, revenons plutôt à nos moutons, enfin pas tout à fait, lisez plutôt.

Prise de tête au Costa RicaAprès la piscine, comme il fallait bien tuer le temps avant le petit déjeuner règlementaire, je me suis mis à arpenter les abords de l’hôtel, le parc de l’hôtel en fait, plusieurs hectares, en plein centre ville, réellement ! J’étais encore mentalement plongé dans ma longue et pénible négociation de la veille, un vendeur pour une fois. Habituellement ce sont les acheteurs qu’il faut convaincre d’acheter et non les vendeurs qu’il faut convaincre de vendre. Mais avec les propriétaires ticos c’est comme ça, tout est compliqué … et long … et lent, tellement lent … et il faut véritablement des années d’expérience et une patience à toute épreuve (que je n’ai pas toujours, vous voilà prévenus) pour réussir à s’en tirer sans trop perdre la tête. Celui-là, depuis le début de la semaine, m’avait épuisé à tel point qu’on peut faire l’analogie avec la vieille plaisanterie de carabin : « opération réussie, patient décédé » car hier c’était « négociation réussie, agent immobilier quasi décédé ». Pour imager la négociation, c’est un peu comme quand tu discutes avec une femme, la tienne souvent parce que tu n’as qu’elle en général sous la main. Toi bien évidemment tu restes logique, t’as bien réfléchis avant l’affrontement, tu argumentes comme un dieu, de toute ta vie t'as jamais été aussi bon et … t’as tout faux parce ta femme, la logique, et bien c’est simple, elle connaît pas. Le propriétaire tico c’est pareil sauf qu’il est souvent plus poilu et moins joli. Et lent, vachement LENT !

Tout à mes pensées donc ce matin tôt sans compter que j’observais un grand échassier blanc perché dans un bel arbre au loin, je n’ai pas vu ce fichu croco ! Fort heureusement, avant de buter sur le croco, j’ai vu en premier le panneau - limite en arrivant dessus - et quand l’information a péniblement fini par atteindre mon cerveau embué à cause du manque de sommeil, sans trop y croire quand même, je me suis néanmoins aussitôt mis à fouiller du regard les environs, au cas où … et il m’a fallu un certain temps pour localiser le croco pourtant tout près. Un truc de fou, tu viens de comprendre que possiblement des grosses bébêtes sont dans le coin et malgré cette info cruciale il te faut plusieurs dizaines de secondes pour en localiser une à moins de 10 mètres de tes petits pieds. Toi comme un « gros loco » que tu es, tu regardes au loin, de l’autre côté de la lagune. Et derrière toi, on ne sait jamais. C’est pas logique bien évidemment de penser qu’un croco t’a suivi discrètement mais bon, la logique hein, voir paragraphe précédent. Sans compter que d’autres crocos étaient possiblement dissimulés dans les racines, tout près, je n’ai pas été voir, j’aurais dû ? Mais comment est-ce possible de se retrouver quasi marchant sur un crocodile en plein centre ville de Liberia ??? Ben cherche-pas plus, c’est possible !
Car ce marigot-là est à 200 mètres environ du restaurant et à 250 mètres de la piscine. Et je le garantis, il n’y a rien, absolument rien de rien qui clôt cette mare aux crocos, l’accès est 100 % libre et dégagé. Ne laissez surtout pas vos lardons en bas âge vagabonder par là. Ne mettez pas non plus pépé ou mémé dans son fauteuil roulant à prendre le soleil matinal sur la jolie bande de sable blanc qui fait le tour de la marre. Surtout qu’un croco de cette taille, c'est-à-dire plutôt modeste, ne vous en prendra qu’un morceau - tout n’y comptez vraiment pas - et vous devrez vous débrouiller avec le reste. A la limite, déverrouillez le frein, en apercevant le croco l’ancien(ne) va immanquablement s’agiter dans son fauteuil et hop, direct dans la lagune le fauteuil, crime parfait ! C’est pour rire hein, sans déconner ne faites pas ça ! C’est interdit, même au Costa ou pourtant bien des choses sont permises, plus que chez vous en tous les cas.

J’y pense tout à coup avec un léger frisson, une chance encore que je n’ai pas trouvé un croco ce matin dans la piscine, à cette heure-là le préposé de l’hôtel ne l’avait pas encore nettoyée. Quelle vie dangereuse je mène tout de même, habituellement ce sont les serpents qui me tombent dessus sans crier gare ou qui se glissent sous mes pieds mais un croco c’est une première. Ah non tiens, finalement, en 2006 quand je suis venu en reconnaissance au Costa Rica, je suis tombé nez à nez avec un plus gros croco dans la lagune de Tamarindo. Je dois certainement encore avoir des photos de l'évènement au fin fond de mon PC. J’ai toujours un appareil photo avec moi car je suis vernis quelque part, il m’arrive souvent des trucs sympas et photogéniques. J’ai même été piqué par un scorpion mais ça c’était purement ma faute donc je ne raconte pas.

Même la nuit je dors avec mon appareil photo au cas où une chica tomberait sur moi à l’insu de son plein gré mais bizarrement ça n’arrive jamais. J’ai plus de chance finalement avec les animaux dangereux. Enfin, façon de parler. Encore qu’on pourrait aussi discuter longtemps pour savoir qui de la chica latina ou de l’animal est plus dangereux. Je plaisante, la chica emporte la palme, ya pas photo !
Rêve de plaisanterie (ya pas faute), je publie 2 photos en gros plan de l’animal, l’une avec la gueule ouverte et l’autre avec la gueule fermée afin qu’on ne me dise pas que ledit animal était empaillé, en plastique, en béton, mort ou que sais-je encore.

Ceux qui veulent l’adresse du crocodile de l’hôtel peuvent m’écrire. Pas de PUB, je ne suis pas payé pour.

Costa Rica - Crocodile à Liberia / Guanacaste - 1

Costa Rica - Crocodile à Liberia / Guanacaste - 2

Costa Rica - Crocodile à Liberia / Guanacaste - 3

Costa Rica - Mare aux crocodiles à Liberia / Guanacaste


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